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"Ras-le-bol des bas salaires" : la fonction publique dans la rue pour son pouvoir d'achat
information fournie par AFP 29/09/2026 à 17:12

La manifestation fonction publique à Paris le 29 septembre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

La manifestation fonction publique à Paris le 29 septembre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

"C'est injuste", "ras-le-bol des bas salaires" : plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi un peu partout en France, à l'appel d'une large intersyndicale, pour protester contre le recul du pouvoir d'achat dans la fonction publique et demander davantage de moyens, avec des pompiers en nombre à Paris.

Plus de 300.000 personnes ont manifesté dans toute la France, selon la CGT, dont 70.000 à Paris.

"Augmentez les salaires !", "Blocage des prix", "Des hôpitaux aux assos, mêmes attaques, mêmes combats !", pouvait-on lire sur des pancartes dans la manifestation parisienne, qui s'est élancée vers 14H00 de la place de la République aux cris de "Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien" ou "Le travail c'est la santé, mais mon dos il est cassé".

Christelle El-Anraoui, aide-soignante à l'hôpital de Chartres, est venue pour demander "plus de moyens du gouvernement". "Nos conditions de travail, depuis très longtemps, se sont dégradées", dit-elle.

Joëlle, 57 ans, qui n'a pas voulu donner son nom de famille, a manifesté pour la première fois de sa vie. "Aujourd'hui le pouvoir d'achat c'est plus possible", estime cette cadre dans un laboratoire en Seine-Saint-Denis, chasuble de la CFDT santé-sociaux sur le dos. "Il faut que tout le monde se soulève et dise stop".

La manifestation fonction publique à Rennes, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

La manifestation fonction publique à Rennes, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Échaudées par la décision du gouvernement de geler à nouveau le point d'indice des fonctionnaires dans son projet de budget 2027, la CGT, FO, la CFDT, l'UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP ont appelé à la grève et organisé plus de 170 manifestations à travers le pays.

Mots d'ordre : réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.

"Avertissement"

Près de 10 % d'agents de la fonction publique d'État étaient en grève à la mi-journée (9,64 %), 5,68 % de ceux de la fonction publique territoriale et 4,5 % de ceux de la fonction publique hospitalière, selon le ministère de l'Action et des Comptes publics. Chez les enseignants, un peu plus d'un sur dix (13,71 %) étaient en grève, selon le ministère de l'Education nationale.

"Qui était au front cet été pour sauver des vies ? Les pompiers, les soignants, les fonctionnaires. Aujourd'hui nous attendons un geste clair. Il faut augmenter les salaires des fonctionnaires, augmenter les moyens des services publics", a déclaré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

Elle a lancé un "avertissement" au gouvernement, deux jours avant la présentation du budget : "Pas question qu'ils fassent encore une fois les poches aux travailleurs, aux retraités".

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, participe à un rassemblement, à Paris, le 1er mai 2026 ( AFP / Julie SEBADELHA )

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, participe à un rassemblement, à Paris, le 1er mai 2026 ( AFP / Julie SEBADELHA )

"Il y a des revendications très claires : c'est le pouvoir d'achat des agents publics, qu'ils soient fonctionnaires ou contractuels", a renchéri Marylise Léon, numéro un de la CFDT. "On joue la survie des services publics."

Le pouvoir d'achat est l'un des mantras du jour pour les syndicats, qui dénoncent l'érosion du niveau de vie des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années.

A Paris, plusieurs milliers de pompiers, mis à rude épreuve cet été lors d'incendies historiques, se sont aussi élancés au départ de la place d'Italie, avant de se mêler aux autres manifestants.

Attendus au nombre de 5.000 à 10.000 par les autorités, ils ont défilé au milieu des pétards, sirènes et fumigènes pour demander "Des moyens, pas des miracles", selon leur banderole intersyndicale.

"Abandonnés par l'État"

"Clairement, on est fatigués", a souligné Julien Dubois, pompier en Seine-et-Marne, "ça fait plusieurs années qu'on le signale, qu'on demande beaucoup de moyens. Nos interventions augmentent, mais par contre, le personnel diminue".

"On se sent un peu abandonnés par l'État, on a un budget minoritaire comparé à l'armée", abonde Romain, pompier de 33 ans venu du Territoire de Belfort, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire "On aime la France, pas son gouvernement", le 29 septembre 2026 à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire "On aime la France, pas son gouvernement", le 29 septembre 2026 à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Ailleurs en France, près de 6.000 personnes se sont mobilisées à Lyon en fin de matinée, selon les autorités.

Ils étaient 30.000 à Marseille selon la CGT, 3.800 selon la préfecture, dont 350 lycéens. "Ça fait presque 26 ans que je suis fonctionnaire, et j'ai un salaire de 1.700 euros. C'est la honte", a témoigné Saïnya Moknine, 47 ans, agente de mairie.

"Je vois d'année en année des conditions dégradées", a témoigné, à Bordeaux, Frédéric Chauve, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Gradignan (Gironde). "Le désespoir me mène aujourd'hui dans la rue".

La journée de mardi a aussi été marquée par la poursuite de blocages de lycées, mouvement lancé en banlieue parisienne. Le ministère de l'Education a recensé 338 établissements concernés.

32 commentaires

  • 17:56

    La fonction publique a sciée la confortable branche sur laquelle ils ronronnaient. A commencer par le calcul de leur système de retraite favorisé grandement par rapport à celui du secteur privé ; A cela s'ajoute l'hypocrisie de l'état qui en tant qu'employeur ne cotise pas pour les retraites et préfère faire peser sur le budget annuel le débours des ces retraites . Les syndicats politisés au lieu de trouver de solutions n ont eu de cesse de s'opposer et bloquer.


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